Sarah Mei Herman

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Sarah Mei Herman, la femme qui photographiait l’amour

Gagnante du Prix de la Photographie American Vintage lors du 33e Festival d’Hyères, les clichés de Sarah Mei Herman s’exposent du 19 au 29 novembre dans notre boutique American Vintage 113 rue vieille du temple à Paris. L’occasion pour nous de rencontrer l’artiste et de lui parler de son travail.

Sarah Mei Herman

Comme elle aime à le dire, Sarah Mei Herman n’est pas “photographe”, mais “artiste visuelle”. Un terme qu’elle trouve “plus complet et plus juste” car outre de ses photos, elle produit aussi des vidéos. La justesse est d’ailleurs certainement ce qui la définit le mieux. Depuis son diplôme au Royal College of Art de Londres, l’artiste en a même fait son leitmotiv. “Je dis souvent que mon métier, c’est de photographier l’amour”. C’est vrai. Dans sa ville d’Amsterdam, en Chine ou en Lituanie, Sarah Mei Herman s’est prise de passion pour ces liens imperceptibles qui lient les Hommes entre eux. Une fratrie, deux amoureux, des amis. En les suivant plusieurs mois, parfois plusieurs années, elle catalogue les changements et les émotions qui les animent. L’histoire d’une vie.

Avez-vous toujours su que vous seriez artiste visuelle ?

Petite, je me souviens de la collection d’appareils photo de ma mère. Pour moi, c’étaient des objets de curiosité, je rêvais de les utiliser sans comprendre que cela pouvait être un métier. C’est lors d’un voyage en Afrique du Sud, avec mon père, à 19 ans, que j’ai acheté un appareil et que j’ai commencé à shooter. Je me mettais à l’arrière de la voiture, je capturais ce que je voyais… Ce qui est très différent de ma manière de procéder aujourd’hui. Je ne documente plus : je vis au rythme des émotions de mes sujets.

Qu’est-ce-qui vous fascine dans la photographie ?

Je pense que c’est la beauté qui émane des gens que je rencontre. Toutes ces petites choses que l’on ne prévoit pas, les surprises… Je travaille de manière très intuitive, et c’est aussi ce qui me rend heureuse au quotidien. Découvrir de nouvelles personnes, entrer dans leur intimité… cela m’a toujours animée.

Travailler seule vous permet alors de mieux vous immiscer dans la vie de vos modèles ?

C’est certain ! J’adore travailler seule et c’est la raison pour laquelle je n’ai pas d’assistant(e). J’ai vraiment besoin d’établir une relation de confiance entre mes sujets et moi. Je les photographie eux, mais dans un sens, ma présence se ressent sur le cliché. D’ailleurs, certains de mes modèles deviennent aussi mes amis.

Quel est le projet qui vous a le plus marqué ?

Je dirais que c’est ma série de photos “Julian & Jonathan”. Il s’agit de mon père et de mon demi-frère, qui a 20 ans de moins que moi. J’ai commencé à photographier mon demi-frère lorsqu’il avait 4 ans, et je n’ai jamais arrêté depuis. Les relations entre frères et soeurs m’ont toujours intriguée et ayant été enfant unique longtemps, j’ai voulu comprendre ce qui “faisait” une famille. C’est de loin mon projet le plus ambitieux, le plus personnel et le plus structurant. Il est d’ailleurs toujours en cours, et je travaille sur un projet de livre pour regrouper tous les clichés de la série.

Votre prochain projet ?

Je fais partie d’une résidence d’artistes lituanienne qui va me permettre de partir à la découverte de mes propres origines. Une partie de ma famille est Juive et y a vécu durant la Seconde Guerre Mondiale. Je souhaite également y mêler des photos à des vidéos tournées en Israël afin d’exposer en Lituanie et à Amsterdam. C’est à la fois très neuf et très profond pour moi.

Comment reste-t-on fidèle à sa vision ?

C’est certainement la chose la plus difficile qu’il soit, surtout en tant qu’artiste ! Quand je rencontre de jeunes photographes, j’ai envie de leur dire de ne pas écouter les autres, de ne faire que ce qu’ils souhaitent, eux. De suivre leur instinct et pas les tendances. Ce n’est pas parce que quelque chose se vend que c’est bien… et c’est en restant intègre que l’on grandit.

Vous avez réalisé votre première série de mode pour American Vintage cet été. C’était comment ?

Prix de la photo American Vintage d’Hyères 2018

Être lauréate du Prix de la Photographie American Vintage à Hyères a été un très grand moment pour moi. J’ai toujours rêvé de shooter de la mode ! J’ai tout conçu de A à Z : le choix des modèles, les lieux, les binômes… J’ai surtout eu la chance de faire de la mode “à ma façon”, en établissant mes propres repères. Le résultat est fantastique : le vêtement fait partie intégrante de la photo sans prendre le pas sur la personnalité de mes sujets. C’est exactement ce que je voulais.

Dans quels vêtements travaillez-vous ?

Le premier critère d’un bon vêtement pour moi, c’est le confort. Sur un shoot, je me mets à genoux, puis debout, je me contorsionne… J’opte souvent pour une paire de leggings, des baskets et un petit top tout léger.

La pièce American Vintage que vous préférez ?

Toute la maille American Vintage me ravit ! J’aime leur palette de couleurs naturelles qui vont avec tout et que l’on porte à même la peau.

Retrouvez notre sélection de mailles femme.

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